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La nuit caribéenne (Cie les Berlick) |
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Alfred Alexandre
Texte
Arielle Blœsch
Mise en scène
Avec
Aliou Cissé et Ruddy Sylaire
Valéry Pétris
Création lumière
Georges et Frantz, deux frères, frères de lait, de sang et de misère, sont les anciens hommes de main du Parti. Ils ont été de tous les mauvais coups qui ont permis à quelques hommes politiques, comme le président Valatte, de se hisser au pouvoir. Une poignée de dirigeants se sont alors partagé les richesses. Frantz accepte une demi-pension. Georges refuse de prendre les miettes, il a de l’orgueil. Alors il franchira la limite, la frontière sociale, et fera parler le sang. En s’emparant du Bateau, en rompant toutes les amarres sociales, il réussira alors à affronter son frère aîné et exprimer les douleurs du drame passé.
Un mot sur la mise en scène
Il y a dans l’écriture une urgence, une course vaine qui inscrit les personnages de La nuit caribéenne dans une lignée de héros expressionnistes, hurlant, les pieds dans la boue, les bras tendus vers le ciel. Un excès magnifique. Le trop de rhum qui confère une fausse lucidité, le trop d’humiliations qui débride une haine amère, le trop de crasse qui entraîne vers la mer, le trop de soleil dans le froid de la mort. Georges et Frantz sont toujours dans le « trop ».
Le mot de l’auteur
Pour un nouveau réalisme urbain
Dans mon précédent travail (Bord de Canal, roman) je m’efforçais de sortir l’expression artistique caribéenne, et singulièrement martiniquaise, du questionnement identitaire et de la veine historique, dans lesquelles elle est enfermée depuis un demi-siècle. C’est cet effort que je poursuis avec La nuit caribéenne.
Là encore, l’imaginaire se donne pour projet de restituer ce réel où se donnent à lire les formes contemporaines de domination sociale, au sein de cet espace carrefour qu’est l’archipel caribéen. Là encore, l’écriture, renversant le monopole de la parole que les « inclus » prononcent sur les « exclus », se présente comme un contre discours de la marge.
La nuit caribéenne s’emploie à renverser les termes de la relation : dans la pièce, en effet, les dominés ne se contentent plus, confinés dans leur espace de déshumanisation, de subir la violence sociale ; ils franchissent la frontière, ils franchissent le canal, et viennent, au cœur de la Cité, contester l’ordre social.
Au final, mon projet esthétique pose les bases d’un nouveau réalisme urbain, en écho à l’individualisme, à la déréliction sociale et au nihilisme qui caractérisent les sociétés caribéennes contemporaines. Alfred Alexandre
Coproduction CMAC Scène nationale - Création 2010
Avec le soutien de : Drac Martinique - Conseil Régional Martinique - Etc_Caraïbe |
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Salle Frantz Fanon Tarif C (25€ 20€ 15€ 8€) vendredi 22 octobre à 20:00samedi 23 octobre à 20:00
>>>pour réserver
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Le jour où Nina Simone a cessé de chanter (Cie Acte 2) |
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Darina Al Joundi et Mohamed Kacimi
texte
Alain Timar
Mise en scène et scénographie
Darina Al Joundi
Interprétation
Le soir des funérailles de son père, Noun coupe le son des psalmodies du Coran qui accompagnent obligatoirement cette cérémonie. L’acte provoque un grand scandale dans sa famille. Noun décide de s’enfermer à double tour avec son père pour lui dire ce qu’elle a sur le cœur, lui rappeler toutes les leçons de libertés qu’il lui a données.
Elle veut faire entendre Nina Simone parce qu’elle croit que son père était laïc et qu’il adorait cette chanteuse.
Noun est libre face à la mort, mais une simple porte la sépare d’un monde hostile. Au fil des évocations, Noun quitte le paradis perdu de son adolescence, de ses révoltes pour se confronter à la fin à un monde, à une société qui interdit à la femme l’exercice de la parole, du rêve et de la révolte.
Note d’intention
Il y a cinq ans mon père s’en allait…
A ce moment précis, j’ai pris conscience de ce père unique que j’ai eu la chance d’avoir.
Grâce à ce père et à sa liberté, je suis devenue ce que je suis : comédienne. Ce n’est que depuis sa mort que j’ai commencé à écrire. De son vivant, j’en éprouvais un certain complexe…
Ecrire et jouer me permet, d’une certaine façon, de vivre ce qui n’a pas été possible, à ce moment là ! C’est aussi une lettre ouverte à ce père… Histoire de croire que les choses changeront, un jour… En parlant, en se dévoilant devant une glace sans tain : LA SCENE - Darina Al Joundi
Darina Al Joundi
Comédienne - Auteure
Darina Al Joundi est née en 1968 à Beyrouth (Liban) et est comédienne depuis l’âge de 8 ans. Parallèlement elle écrit et réalise des courts-métrages et travaille dans la production télévisuelle.
Alain Timar
Metteur en scène
Alain Timar vit et travaille depuis vingt ans à Avignon, où en 1983 il crée le Théâtre des Halles. Eclectique, il a mis en scène, en plusieurs langues et au delà des frontières Ionesco, Genet, Duras, Labou Tansi Beckett… Bourdieu dont la Misère du monde se fond en un cri de rage et de juste révolte… Il confie Godot à des acteurs africains, s’attache à la parole caribéenne de Dambury et Chamoiseau.
Ses mises en scène constituent autant de périples à travers des mondes intérieurs. Lorsqu’il ne donne pas corps à des fantasmes, le dramaturge éclaire des raisonnements. Alain Timar creuse un chemin discret, entre le personnel et l’universel, l’introspection intime et la vision politique. Il entame sa 43ème création.
Mohamed Kacimi
Poète, romancier et dramaturge, Mohamed Kacimi est né en 1955 en Algérie dans une famille de théologiens. Tout en poursuivant ses études coraniques, il s’inscrit à l’école française. Adolescent, il découvre Rimbaud et les surréalistes et décide d’écrire en français. Après des études de littérature française à l’Université d’Alger, il quitte l’Algérie en 1982 pour Paris où il rencontre les poètes Bernard Noël et Eugène Guillevic.
Auteur de plusieurs romans et d’une encyclopédie du monde arabe, il a collaboré avec Actuel, Le Monde, France Culture. Il publie pour le jeune public et anime des ateliers d’écriture sur des thèmes de la Genèse… Il a été joué aux Francophonies de Limoges, au Studio de la Comédie-Française en 2001, et a ouvert la saison 2002 du Théâtre du Rond-Point…
Cette femme est là parce qu’elle a vraiment quelque chose à dire… son récit a coulé d’elle comme un fleuve en crue. L’écrivain Mohamed Kacimi l’a aidé à contenir ses mots, rythmés par une chanson de Nina Simone, "Sinnerman". Une chanson obsédante comme le désir de vie d’une femme, Darina Al Joundi - Le Monde
Ce spectacle est absolument bouleversant, Darina Al Joundi nous transperce ; c’est du théâtre consolation, c’est du théâtre révélation la veille de la fin de ce festival d’Avignon - Laure Adler - France Info
En collaboration avec l’Artchipel Scène nationale de Guadeloupe
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Salle Frantz Fanon Tarif C (25€ 20€ 15€ 8€) vendredi 05 novembre à 20:00samedi 06 novembre à 20:00
>>>pour réserver
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